44 - Au Chiapas, l'expérience continue.

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Dans l'article du journal des Gens d'Hellemmes (voir ci-dessous), nous avons vu comment les décisions relatives à l'éducation, à la justice et à la santé sont discutées et adoptées dans les conseils de zone (juntas de caracole).

44- Au Chiapas 1

Les charges politiques sont bénévoles, tournantes et révocables, ce qui - implicitement - interdit la professionnalisation même s'il arrive que des personnes plus compétentes les occupent plus longtemps que les autres.

Une part de verticalité existe : les décisions sont prises suite à une navette verticale entre le gouvernement de tous et les caracoles.

Cette façon de gouverner est lente, elle revendique le tâtonnement et privilégie les arbitrages ["caminar preguntando y mandar obedeciendo" (cheminer en questionnant et diriger en obéissant)].

Quelle évolution depuis la création de l'EZLN* par le sous-commandant Marcos ! Et ça continue d'avancer. C'est le résultat de la convergence entre l'histoire précolombienne, la colonisation et ses conséquences et de la situation actuelle au Mexique.

Cette expérience attire de nombreux visiteurs mais en aucun cas les zapatistes ne veulent être pris en exemple. Ils cherchent encore et toujours à améliorer leur système de gouvernance tout en gardant contact avec les luttes sociales, économiques et politiques du pays, du continent et du reste du Monde.

C'est l'inverse de la mondialisation voulue par le libéralisme économique.

Josette ALMENDROS

* EZLN : (Ejército Zapatista de Liberación Nacional) mouvement qui naît dans le Chiapas au début des années 1990 avec le slogan "Ya basta" (Ça suffit !)

44 - Au Chiapas 2

Pour ceux qui n'ont pas lu le numéro 44 du journal des Gens d'Hellemmes, voici l'article :

Qui se souvient du mouvement Zapatiste né au Chiapas dans les années 90 ? Et pourtant l'expérience continue loin des feux de l'actualité.

100.000 à 250.000 personnes continuent cette révolution douce et expérimentent l'auto-gouvernement, rompant avec le schéma classique de la délégation de pouvoir par les urnes.

Le territoire est divisé en cinq zones - "los caracoles". Chacune est dirigée par le Junta de buen gobierno (Conseil de bon gouvernement) où on discute du bien fondé des politiques à mener comme la construction d'une école, la répartition des récoltes en fonction des besoins de chacun. C'est ainsi que la collectivité assure ses trois missions sociales : éducation, santé, justice.

  • L'éducation: un socle commun est dispensé sur tout le territoire (apprentissages des langues espagnole et indienne, des mathématiques, des sciences politiques et des sciences naturelles), le reste (les autres disciplines, le calendrier, ...) est décidé toujours collectivement en fonction des besoins spécifiques du caracole.
  • La santé: des Maisons de Santé nombreuses assurent les soins courants et les contrôles (ophtalmologie, échographie, ...) et dans chaque caracole, il y a une clinique pour les traitements plus lourds et les interventions chirurgicales. La priorité est toujours donnée à la prévention, la médecine traditionnelle y joue aussi son rôle.

  • La justice: elle intervient dès les cas les plus bénins comme les conflits de voisinage. Elle privilégie toujours la discussion, la réparation plutôt que la punition, les travaux collectifs plutôt que l'enfermement. Il n'existe qu'une prison sur l'ensemble du territoire.

La délinquance et les violences domestiques ont fortement baissé. Même les non-zapatistes vivant là préfèrent avoir recours à cette justice qu'à celle de l'État.

Les citoyens volontaires qui assurent ces missions sont déchargés de leurs tâches quotidiennes.

Cette expérience, bien sûr, ne se limite pas à ces quelques points.

   

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