La qualité de l’air n’est plus le soucis de nos élus. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Bernard Joly   
18-03-2012

Voici quelques échos inquiétants entendus Samedi 21 janvier 2012 lors de l'assemblée annuelle de l'association Mont de Terre – Petit Maroc.

Madame le maire, expliquez-nous pourquoi les poumons des riverains du cœur de ville seraient plus précieux que les poumons des habitants du Mont-de-Terre et du Petit-Maroc !” le ton de la réunion est donné par Jacqueline Jammes – présidente de l'association.

Cette inquiétude était bien fondée et la confirmation est venue de la bouche de Philippe Tostain - conseiller Vert à la Mairie de Lille – qui osa lancer “Que les habitants du Petit Maroc se rassurent, la dispersion se fera plutôt sur Mons et Hellemmes”. Il y a bien deux sortes d'habitants pour la majorité lilloise. Bernard Derosier, présent à cette réunion, n'a pu s'empêcher de bondir lui également à l'écoute de cette phrase.

Un long discours de Jean-Louis Frémaux – président du conseil de quartier de Fives – a montré tout le savoir faire de la gent politique de la ville. Après un préambule offusqué – Quoi? On oserait ne plus avoir confiance en nos élus! – il a utilisé toutes les méthodes habituelles: monceaux de chiffres, utilisation de sigles ou d'idiomes les plus obscurs possibles. Mais cette fois, ces vieilles méthodes n'ont pas marché, les habitants ne sont plus impressionnés. Ils se renseigner, trouvent les chiffres et surtout, osent répondre et donner leur avis. Ils deviennent des citoyens et ça a l'air de passablement agacer le sérail.

Ce samedi, la démonstration leur a été faite que les habitants ne sont pas dupes et qu'ils ont compris que si certains quartiers bénéficient du bien-être et des bienfaits de la technologie, d'autres ne sont là que pour en récupérer les nuisances. Je pense, après avoir discuté avec Philippe Tostain à la sortie de la réunion, que lui au moins a saisi. Saura-t-il convaincre Martine Aubry? Sans doute pas Jean-Louis Frémaux!

Sinon, le bilan-carbone de cette future centrale de chauffe est loin d'être aussi positif que les élus veulent bien le dire. En effet, si la centrale de Nancy est prise en exemple, on n'a pas du tout affaire à la même puissance ni aux mêmes conditions:

Le bois voyagera et viendra sans doute de loin.

  • Ce bois, il faudra le faire sécher et sans espace de stockage, la seule solution est une deuxième usine qui s'en chargera. Au fait! Avec quelle énergie?

  • Enfin, la chaudière avalera ce bois sous forme de copeaux qu'il faudra bien produire. Une troisième usine sera nécessaire.

Trois usines au Mont de Terre! Que répond l'élu? Les usines ont tendance à fermer, on ne va quand même pas cracher sur celles-ci. En attendant ce sont ces usines (et les camions qui vont les alimenter) qui vont nous cracher dessus leurs micro-particules à la tonne.